Communiqué du 31 mars de la Dirpol du Lys Noir.

Alors que la campagne pour la primaire de la droite et du centre bat son plein, la droite de la droite est en voie d’émancipation. Cette frange, représentée notamment par le groupe parlementaire de la Droite populaire, mais aussi par le lobby interne Sens commun, issu des milieux catholiques de la Manif pour tous, manque de figure forte au sein de la primaire. En effet, si Hervé Mariton ainsi que Jean-Frédéric Poisson se sont portés candidats pour cette primaire, aucun de ces deux tenants d’une « droite forte », porteuse de valeurs traditionnelles, ne parvient à percer dans la campagne. Face aux ténors du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire – les trois favoris de cette joute électorale interne – les candidats de la droite des valeurs demeurent désespérément inaudibles.

Le plus modéré, mais néanmoins défenseur d’une ligne davantage « à droite », François Fillon, pourtant ancien Premier ministre, ne parvient pas non plus à faire décoller sa campagne pour l’investiture. Celui qui en son temps s’opposa au traité de Maastricht et fait figure de souverainiste modéré et porteur de valeurs mais là aussi de façon modérée, ce qui lui permettrait d’être une figure de compromis, susceptible de faire l’union au sein de son camp, souffre d’un manque de charisme chronique, handicapant fortement cette course, où règne la personnalisation.

Une autre candidate déclarée, Nadine Morano, fait quant à elle figure de radicalité au sein de son mouvement politique. En effet, depuis que l’ancienne député de Toul a cité une phrase de Charles de Gaulle lors de l’émission de télévision « On n’est pas couché » de Laurent Ruquier, faisant référence à la prédominance de la race blanche et de la culture helleno-chrétienne en France, celle-ci est devenue une exclue du champ du politiquement correct, la rendant en retour automatiquement sympathique aux partisans d’une droite décomplexée. Néanmoins, celle qui s’est déclarée candidate, en guise de vengeance de son éviction de la tête de liste Les Républicains en Meurthe-et-Moselle lors des élections régionales de décembre 2015, risque fort de voir sa candidature tourner court. En effet, pour pouvoir être officiellement candidat à la primaire de la droite et du centre, un certain nombre de parrainages de parlementaires sont nécessaires. Or, rien n’est moins sûr que l’actuelle député européenne parviendra à convaincre ses collègues républicains de soutenir cette candidature contestataire. Quand bien même Nadine Morano réussirait à recueillir ces parrainages, il est peu probable que sa candidature ne dépasse le stade du divertissant trollage de la campagne.

En tout état de cause, aucun des quatre candidats, défendant bon an mal an certaines valeurs traditionnelles n’a, à l’heure actuelle, des chances réelles de s’imposer comme le candidat de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017. A l’inverse, les candidats qui sont le mieux à même de s’imposer, au vu des sondages actuels, défendent tous, à des degrés divers, un ordre libéral-libertaire. Alain Juppé se pose en candidat du centre-droit, social-démocrate, seul rempart tenace face à l’extrême-droitisation de la vie politique française et seul capable d’écraser Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, sa candidature étant en mesure de rassembler aisément les voix du Parti socialiste. Bruno Le Maire se veut, lui, le défenseur de certaines libertés économiques, débarrassé du fardeau des valeurs morales de la droite traditionnelle, avec un vernis jeune, de « renouveau du personnel politique ». Il ferait certainement un Emmanuel Macron bis, de « droite ». Quant à l’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, ses quelques prises de position non-conformes (son relatif soutien envers la Russie de Vladimir Poutine par exemple) apparaissent bien légères, notamment lorsque ces éléments de langage sont comparés aux actes posés lors de son quinquennat, tout particulièrement sa politique anti-souverainiste (passage en force du traité de Lisbonne remplaçant le traité constitutionnel européen rejeté par referendum, réintégration du commandement intégré de l’OTAN, soutien à la politique internationale des Etats-Unis…).

Face à l’échec du camp de la droite des valeurs, cette frange de la droite s’apprêterait-elle à faire sécession ? Plusieurs éléments récents le laissent à penser.

En effet, tout a commencé par la démission du Président des Jeunes de la Droite populaire, Pierre Gentillet de son poste. Ce dernier a déclaré qu’il ne souhaitait pas servir de caution droitarde à un candidat Les Républicains, qui trahirait immanquablement les promesses clientélistes qu’il aurait faites à la droite traditionaliste. Pierre Gentillet n’a pas pour autant abandonné la bataille politique. Bien au contraire. Comme il nous l’avait expliqué dans l’entretien qu’il avait accordé à GéoArsenal (numéro 3), la métapolitique est la mieux à même de faire progresser certaines idées conservatrices. Continuant sur la lancée de son voyage en Crimée cet été, Pierre Gentillet a fondé il y a quelques mois le Cercle Pouchkine, visant à faire converger les patriotes russes et français, pour la défense d’intérêts civilisationnels communs.

La Droite populaire que Gentillet a quitté continue elle aussi son impertinence face au politiquement correct de la droite bobo. Comme nous le rapportions dans notre dernier numéro, le député Thierry Mariani s’est ainsi rendu en Syrie, contre l’avis du Quai d’Orsay, mais aussi bien sûr contre l’avis de l’état-major de son parti. Car ce courant des Républicains se distingue nettement de la ligne géopolitique du reste du parti : Nicolas Sarkozy, soutenu par Alain Juppé (qui a à peu de choses près la même tête que Laurent Fabius!) ont toujours soutenu les guerres américaines, et sont même allés jusqu’à anticiper les souhaits étasuniens en déstabilisant la Libye… avec les résultats que l’on connait. Il ne s’agit pas juste d’une simple divergence de stratégie géopolitique entre ces deux courants – les pro-américains invoquant le droite d’ingérence d’un côté et les pro-russes défendant la souveraineté des États de l’autre – mais bien d’une opposition frontale entre deux ordres civilisationnels : le nouveau et l’ancien.

En soutenant la géopolitique russe, la Droite populaire se place derechef dans le courant traditionnel que ce pays représente aujourd’hui à la face du monde. Ce soutien à la pensée traditionaliste est renforcé par les prises de position en matière de politique sociétale de ce courant des Républicains.

Mais là encore, qui pour défendre ces idées souverainisto-traditionnelles au sein de la primaire ? Aucun de ses défenseurs n’a de chances. Il faut dire que cette ligne géopolitico-culturelle dispose déjà de solides défenseurs plus à droite. Or, la droite républicaine, modérée et bien-pensante cherche désormais à se distancier au moins partiellement de l’accusation qui lui avait été faite d’extrême-droitiser le discours politique français.

À mesure que cette droite molle se renforce dans le processus de la campagne interne aux Républicains et affiliés, la frange des Républicains pro-russe voit son centre de gravité dangereusement tanguer vers les personnalités plus à droite, qui s’affirment résolument appartenant à la civilisation ancienne contre le meilleur des mondes modernes.

Ainsi des figures politiques comme le maire de Béziers, Robert Ménard, s’efforce-t-il de rapprocher ces frères siamois : d’un côté Les Républicains dissidents, de l’autre le Front National tendance Marion Maréchal-Le Pen et tout ce qui tourne sur son orbite (Eric Zemmour, Philippe de Villiers…). La galaxie Marion, alliage de la droite populaire et de la tradition française, pourrait parvenir à un grand rassemblement de la droite traditionnelle, menée par des hommes politiques radicaux, moins susceptibles de reniements.

Alors, si la centrisation des Républicains se confirme (par une victoire – fort probable – d’Alain Juppé à la primaire par exemple), la droite traditionnelle pro-russe aurait le champ libre pour se réunir autour de figures fortes, qui se trouvent de fait en-dehors du parti Les Républicains, tels que Marion Maréchal-Le Pen ou bien Philippe de Villiers et serait en mesure de réaliser une percée historique, raflant à la fois les voix du Front National ainsi que celles des déçus de la droite républicaine.

La France tournerait alors le dos à l’américanisation de sa société, au progrès libéral-libertaire et opérerait un retour salutaire à ses racines traditionnelles, sur le modèle de son nouvel allié russe.

Michel Onfray, la République c’est la guerre !

« Nous aussi nous avons tué des innocents »

« Ils font à la disqueuse, ce que nous faisons avec des drones« 

« La France devrait prendre l’initiative d’une conférence internationale qui viserait à constituer un front diplomatique à même de négocier une neutralité  associée à un respect de la souveraineté politique de chacun de ces pays qui ont le droit de faire ce qu’ils souhaitent sur leur territoire sans que nous le leur interdisions ».

(Michel Onfray à propos des attentats de Paris)

————————–

Tout en désignant Jean-Pïerre Chevennement comme l’homme de recours de la République, Michel Onfray vient de déclarer que l’interventionnisme international de la République contre l’Islam politique serait à l’origine des attentats commis sur le territoire national. Ah, bon sang, Michel Onfray, vous avez raison, vos propos sont courageux, mais laissez-nous vous dire néanmoins que si nous avions eu moins de républiques, ces deux derniers siècles, comme la France aurait été à sa place : noble, discrète et douce !

C’est entendu, cher Michel Onfray, le nationalisme est la guerre voulue, appelée, désirée, justifiée, mise en discours plus ou moins subtils… Mais dans la France moderne, la guerre réelle s’incarne surtout par la République et son personnel halluciné le plus ordinaire, voire le plus médiocre…

Bien plus sérieuse que le nationalisme, au verbe si maximaliste mais si vain, la République c’est la guerre dans les faits, la vraie guerre, avec de vrais mort et, surtout, de vraies mobilisations guerrières façon « Même pas peur  » !

D’ailleurs, jamais la République n’est autant elle-même que dans la guerre… Et quand la République flanche un peu dans nos cœurs, son réflexe immédiat, salvateur, c’est d’en appeler encore à la guerre…

Si l’antique monarchie se battait avec des soldats empoudrés sur un terrain choisi entre professionnels de la guerre ne se livrant alors qu’à une sorte de duel convenu entre deux armées encombrées de codes d’honneur et de règles chevaleresques, la République inventa la furie du boutiquier, le sacrifice du brave type, la conscription universelle, le courage obligatoire du clampin, le casse-pipe populaire, et le bombardement des civils.

Née ainsi dans la guerre étrangère des Girondins qui,  sous n’importe quel prétexte, en voulaient pour un détournement d’attention vers l’Extérieur (contrairement au monarchien Robespierre) en expérimentant au passage le premier bourrage des crânes populaires, la Première République commença du même coup notre guerre civile jamais éteinte depuis.

Dans la foulée, la République défia définitivement la totalité de l’Europe monarchique au cours de guerres « patriotiques » réclamant ses premières « levées en masse »…  Enfin, prévisiblement, elle sombra dans l’aventurisme bonapartiste et parvint au coït de guerre sublime avec l’Empire et ses armées d’hommes sacrifiées pour quelques chimères névrotiques, pour la gloriole d’un étranger de passage chez nous comme le seront plus tard Gambetta ou Sarkozy et Valls aujourd’hui…

A ce rythme, République et Empire autoritaires consommèrent ensemble,deux millions de français… Un dixième de notre population de l’époque… Sept millions de morts à l’échelle d’aujourd’hui…

Avant cette hystérie, Louis XVI avait régné treize ans et n’avait fait qu’une seule fois la guerre en envoyant 6.000 français au secours des insurgents par revanche de la perte du Canada… Quelques centaines n’en reviendront pas, des volontaires romantiques, des cadets de famille, des aventuriers… Bon, ça choque qui ?

Quand Louis XVIII récupéra le pouvoir tombé dans une mer de sang, il ne fit aucune guerre pendant les dix ans de son règne bonhomme et sui peu « sexy »… Son successeur Charles X non plus. Cela lui fut donc beaucoup reproché. Alors le dernier roi légitime tenta, pour sauver  son trône, de satisfaire les ardeurs guerrières des Républicains en décidant la première expédition en Algérie… 150 morts en trois semaines de combats et trois batailles (Sidi Feruch, Staoueli et Sidi Khalef)… deux fois moins que le crash d’un Airbus…

Louis-Philippe, son usurpateur, continua la guerre en Algérie, fit prendre la smalah d’AbdelKhader par son fils le Duc d’Aumale… Neuf morts français, trois cents chez les bougnes… Cela les calma… Mais en 18 années de règne, le roi bourgeois ne décida vraiment d’aucune guerre extérieure, sauf la dérisoire « guerre des pâtisseries » déclarée au large du Mexique, qui ne fit aucun mort… En France même, à peine deux-cent canuts lyonnais furent passés par les armes au début du règne…

En revanche, la Deuxième République, en quatre jours, du 22 au 26 juin 1848, massacre 5.000 insurgés et en fusille 1.500… La République sait avoir la main aussi lourde que sa morale.

La troisième République est née elle aussi de la guerre imprudente du républicain Napoléon III qui perdit son trône par son dégoût trop tardif de la guerre…

Entre 1870 et 1871, en situation républicaine de fait, c’est encore un quart de million de français au tapis…

Devenue officielle en 1875, la République ne connaîtra que quarante années de paix relative avant la « 14/18 » qui sonnera comme le génocide concret et  fièrement assumé de la paysannerie française par ses avocats députés… La Troisième République attendra la « grande guerre » en scrutant chaque jour la « ligne bleue des Vosges », certes, mais à la condition d’être quand même perfusée par des guerres coloniales sanglantes et chargées de déconvenues futures inévitables… 2.000 morts pour l’expédition du Tonkin…  Ajoutons les 6.000 morts français de l’expédition de Madagascar, pratiquement tous à cause des fièvres, mais bon, c’est quand même des morts de jeunes gens… Et on vous passe les massacres de routine des indigènes de la République ; des autochtones emplumés qui vont en prendre plein la gueule sous prétexte que leurs ancêtres étaient des gaulois, puisque la république est un chef d’oeuvre universel…

Mais le pompon de la Troisième République, c’est évidemment la « mobilisation générale » immédiate du 2 août 1914 contre l’Allemagne, qui déclare évidemment la guerre le lendemain… La rodomontade enflammera le monde malgré Jaurès. Elle fera basculer la France dans la stupide « union sacrée », préface politique des charniers tant vantés par ce gogo nationaliste de Maurras qui ne fut jamais autre chose qu’un républicain autoritaire masqué…

Bilan : deux millions de morts français, plus de mille par jour… Sans compter la grippe espagnole qui saignera l’arrière, les femmes, et les enfants… Encore 400.000 morts…

Entre fin 1916 et mi 1917, les héritiers familiaux de la monarchie française, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme tentent bien sûr de faire cesser le massacre, mais Clémenceau et Ribot font délibérément échouer la « paix séparée » afin de poursuivre l’hallali contre l’empire catholique des Habsbourg, et mieux épargner l’Allemagne prussienne dans le même temps… A cause des ces enculés, la République fera un sacré rabiot : un demi million de morts français sacrément économisables entre début 1917 et fin 1918 seront quand même poussés dans la fosse des offensives républicaines destinées à « user », à jouer cadavre contre cadavre…

Et comme si cela ne suffisait pas, vingt ans plus tard, la Troisième République déclare la guerre à Hitler, juste pour le couloir de Dantzig… cette merde…  Un conflit postal…  600.000 morts français… Et encore, on ne vous compte pas les dix mille épurés de la Libération !

Pour la Quatrième République, toujours née dans la guerre, la « paix retrouvée » c’est surtout la guerre d’Algérie qui succéda à l’Indochine et ses cuvettes mortelles… Plutôt que d’organiser immédiatement la partition pour répondre au plan initial de « Royaume arabe » de Napoléon III qui anticipait, dès 1863, un établissement exclusivement français sur la bande côtière (pour laisser l’intérieur de l’Algérie aux Indigènes autonomisés), la République de 1954 monte tout de suite sur ses grands chevaux de bronze et déclare par la voix de son ministre de l’Intérieur de l’époque, François Mitterrand  : « Je n’admets pas de négociations avec les ennemis de la patrie. La seule négociation, c’est la guerre ! ». 

Deux mois après cet enflé, ce boursouflé, qui savait néanmoins combien la république chérit la guerre, ce fut le tour d’un autre socialiste de bombardement, Guy Mollet, de proclamer ; « Le gouvernement de la République disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire »… L’Etat d’urgence pour quelques braquages et assassinats d’instituteurs, déjà…

La facture républicaine de la guerre d’Algérie sera finalement de 400.000 morts et deux millions de rapatriés, harkis compris.

Comme ses sœurs aînées, la Cinquième République est passée par le même baptème initial de la guerre. Elle est même née de l’Etat d’urgence et des pouvoirs spéciaux. Cependant, tant qu’elle sera « gaullo-monarchique » jusqu’en 1981, elle décolonisera et se tiendra volontairement loin de la guerre, si on excepte bien entendu quelques opérations africaines telles que le saut giscardien magistral sur Kolwezi et ses quelques centaines de négros mitraillés en douce, avant d’atterrir, ni vu ni connu…

En 1990, c’est toujours cet enculé de Mitterrand qui renoue avec le parti de la guerre extérieure mais en « coalition » précautionneuse et suiveuse, cette fois. On commence d’abord doucement avec trois soldats français retrouvés le bec dans le sable mésopotamien, en prime naturellement, des cent mille morts irako-bougnoules qui ne comptaient pas pour grand chose, vu qu’ils furent tous cramés vivants dans leurs camions pulvérisés en convoi, sur la route de la défaite, quelques heures après le cessez-le-feu…

Depuis le début de la Cinquième, le cycle des guerres est néanmoins impressionnant :  616 militaires des forces armées françaises  vont mourir « au service de la France» au cours de nos nouvelles « guerres propres », lors de 228 opérations extérieures recensées depuis 1962 ! Vous avez bien lu : 228 opérations extérieures en cinquante ans !  Tchad, Yougoslavie, Afghanistan, Libye seront les principales, les plus connues… mais l’infernale moyenne « républicaine » s’élève à une opération extérieure tous les 70 jours !

Evidemment, le carnage de ces opérations extérieures sur les populations civiles locales se comptera en centaines de milliers de pauvres crouilles, négros et Serbomachinstrucs, victimes extérieures et « nécessaires » qui n’avaient rien demandé à notre bonne République, comme le souligne maintenant Michel Onfray avec un courage de moins en moins républicain…

Aujourd’hui, Hollande remet ça après avoir échoué une première fois à nous impliquer « au sol » dans le bourbier syrien, pour se hisser au niveau de Sarkozy qui avait installé, lui, le bourbier libyen. L’ennemi maintenant c’est Daesh ! Le terroriste Abaaoud saute-t-il un tourniquet de métro un quart d’heure après les attentats pour s’en aller « cheminer » plus loin et négocier sur un parking son logement du soir avec sa cousine, une voilée à santiags qui finira sa vie dans un pur dialogue d’incomprise (Il est où ton copain ? Ce n’est pas mon copain ! Il est où ton copain ? Ce n’est pas mon copain ! BOOOUUMMMM !! ), cette scène hilarante est-elle immédiatement connue de tous ? Eh bien, pourtant, une dizaine de racailles qui n’ont pas assez de pognon pour être aussi dangereux que prévu, seront immédiatement qualifiés (le soir même !) d’ennemis « barbares », nouveau Attila de nos manuels déconstructeurs, les pires de l’histoire de France… « C’est une horreur » déclare même à chaud l’enculé en chef avant de proclamer naturellement l’Etat d’Urgence… comme Mitterrand en Algérie avant lui !

De son côté, Michel Onfray a pris le mords, au point d’être cité par Daech dans un communiqué intellectuellement honnête…. En effet, le mépris du philosophe pour Manuel Valls est maintenant immense. Entre le forcené de loge judéo-catalane et le normand enraciné qui rêve de philosophie populaire, il n’y a désormais guère plus que le partage de quelques lieux communs invérifiés à propos de la République… Aussi, quand Valls, sorte de Clémenceau de Trivial Pursuit, s’enflamme en psychopathe tremblant, joue au « père la Victoire » de télé en boucle, serre les lèvres comme jadis ses congénères d’asile sous l’électrochoc, le philosophe perd son calme et confirme sa lucidité toute neuve, il signe des deux mains : Oui, la République doit cesser de bombarder les populations musulmanes comme elle le fait systématiquement depuis 25 ans, depuis Mitterrand, père de l’unité allemande retrouvée, père du traité anti-souverain de Maastricht, l’ennemi quoi !

Naturellement, si, à travers ses successeurs forcément semblables, nous étions toujours gouvernés par un brave type genre Louis XVI, tellement économe du sang de son peuple qu’il se refusa toujours à faire tirer sur la foule pour se sauver et qu’il en périt en saint-martyre, nous n’aurions pas autant cédé aux sirènes de la guerre… Nous aurions eu moins de gloire, moins de défaites, moins de victoires d’un jour et de débâcles à digérer pour longtemps, moins d’anciens combattants pensionnés, aussi ! Moins de gueules cassées, moins de boulevards des Maréchaux, moins d’ossuaires, moins de fanions et lampions, moins de sonneries aux morts sur nos places de village devant monsieur le Député socialiste… Nous aurions eu moins médailles à titre posthume plantées sur des photos de jeunes types idiots qui allaient « là-bas » jouer à un jeu vidéo… Nous aurions évidemment eu moins de « pupilles de la nation » tels que ceux que nous aurons désormais avec les enfants de chaque citoyen du monde de passage à Paris mais néanmoins « mort pour la France »,  puisqu’il se rendait héroïquement, après un bon petit rail anti Front National, dans un concert parisien tragique… Nous aurions eu aussi moins de patriotisme guerrier comme celui qui nous pèse aujourd’hui sacrément sur nos estomacs encombrés.

Vous ne pensez pas, Michel Onfray ?

Allez.. Cher Michel… Sautez le pas, retirez donc votre dernier monocle brouillé : la République Française, c’est juste la guerre, toujours la guerre !  Et les républicains ne sont que des hyènes ! Oui des Hyènes… Rejoignez alors la cohorte fantôme du Comte de Frotté, votre « pays » des bocages normands qui vous attend depuis deux siècles dans cette pureté humaine que vous ne trouverez jamais en République parce que Frotté n’avait rien à gagner à sa résistance en mouchoirs blancs, sinon son honneur… N’ayez pas peur, sous le drapeau chouan de vos aïeux, vous ne risqueriez rien d’autre que d’appartenir désormais à une nostalgie d’avant garde… Allez… Cher Michel… Sautez le pas… Vous verrez… Après, cela ira mieux… Vous serez revenu chez les hommes anciens, ceux qui aime « l’homme seul » en sa conscience, et se méfient toujours des foules, qu’elles soient effrayées ou en colère.

La foule est toujours un vent mauvais, un obscène appétit de guerre facile. Celui qui le sait mais lui cède néanmoins, est un salaud.

Pas vous, Michel… Pas vous, Michel… Et nous en sommes heureux.

————–

Direction politique du Lys Noir/Organisation Georges Bernanos – OGB

« Ils ont une vision de l’Histoire contrairement à nous (l’Occident) soumis à un matérialisme trivial et aux mafias de l’argent ». 

Communiqué de la direction politique du Lys Noir : Divine surprise !

La France vient d’être victime du crash d’une salle de spectacle et de la sortie de route de quelques cafés et restaurants… Pas davantage.

Pourtant, dans l’hystérie générale, dans l’émotion et la compassion intense avec les victimes, (tous « citoyens du monde ») le gouvernement parle de « guerre totale » ; disqualifiant un peu plus encore le standing « nerveux » que nous serions en droit d’attendre de « gouvernants »…

Ainsi, le mutant de cité qui, en Syrie, s’amuse à traîner des cadavres derrière son pick-up, est-il hissé par Hollande et le Congrès au rang de nouveau Gudérian, de réincarnation vivante de Von Moltke…

C’est donc toute la république qui a perdu la tête à Versailles.

Naturellement, la vérité est moins glorieuse.

Les mutants de cité prêts à mourir sont un nombre infime, y compris sur les 2000 mutants ayant visité Daech en tourisme plus ou moins mytho…

Au sein de cette mouvance réduite, ceux qui rafalent sont même connus par leur nom, de n’importe quel internaute. Ils n’ont actuellement de réserves que pour quelques attentats encore. Peut-être à Noël…

Naturellement, ce ne sont pas de « super-professionnels hyper organisés ».

Naturellement, il ne s’agit que de  méchants bougnoules sans humour formés sommairement mais qui laissent, comme d’habitude, des traces partout et se font même sauter dans le vide lorsqu’ils sont refoulés par un placier de stade…

Naturellement, ils louent des voitures à leur nom et payent avec leur carte bleue. Naturellement, ils logent dans des  quartiers gris où ils louent des piaules à pas cher, quand ils ne sont pas abrités dans des squatts.

Naturellement, lorsqu’ils ne bénéficient pas l’effet de surprise, les mutants se font pulvériser par les forces spéciales de police et atterrissent hallucinés dans les gravas.

Cependant, malgré cette réalité désopilante,  l’esprit de guerre existe, il résiste à toute raison et il constitue pour nous une chance politique inouïe. Cette sidération colossale pour presque rien (entre 1914 et 1918 nous avions connu une moyenne de mille morts par jour pendant quatre ans et demi!) est en effet l’environnement politique dans lequel nous allons agir au cours des prochains mois et prochaines années. Divine surprise !

Lors de son intervention devant le congrès, « pépère » Hollande a suggéré que l’on modifie l’article 36 de la constitution qui évoque l’état de siège. Il apparait (ce qui n’a été relevé par personne) qu’il veuille, par saine prudence, supprimer la référence à l’état de siège qui reste la seule manière de « faire passer » légalement le pays sous le contrôle des militaires.

Nous n’avons évidemment pas les moyens d’empêcher cette modification qui nous retire cruellement un des scénarios possibles et souhaitables. Mais il s’agit finalement d’un détail.

De toute façon, nos contacts avec les généraux montrent assez les limites anthropologiques de ce type humain. Ainsi, avec un camarade parisien nous avons rencontré, à la faveur d’une approche en profondeur, celui qui est pourtant notoirement le plus courageux d’entre eux, le plus ouvertement engagé. Nous sommes tombés sur un homme timide, brave type, pusillanime avec la République, bien que « national »… et facilement impressionnable jusqu’à paniquer devant nous de façon extrêmement surprenante pour un simple petit détail protocolaire.

Cette expérience sur le vif montre toute l’étendue de la catastrophe anthropologique résumée dans l’article de notre revue Arsenal intitulé « le drame infini de nos officiers  catholiques ».

Pépère Hollande a également projeté à Versailles de recréer une garde nationale.

Cela prendra évidemment des années à la mettre sur pied.

En revanche, au lendemain du crash du Bataclan, la France populaire, laissée désormais libre d’exprimer ses sentiments « anti-bougnoules », parlait ouvertement, en ses cafés, de se grouper en milices d’autodéfense, de « faire quelque chose ».

Puisque le gouvernement ne fait rien pour calmer le jeu en ramenant les événements à leur juste importance de fait divers, et qu’il pratique une vibrante surenchère afin de tenir en haleine les journalistes beaucoup trop brunettes de BFM/I-télé,  on peut effectivement imaginer que l’ère anarchique des milices a commencé et que les esprits populaires s’y sentent désormais autorisés par la psychose validée et promotionnée par le gouvernement lui-même.

En ville, grande, moyenne ou petite, les milices sont impossibles.

En revanche, dans les campagnes reculées où subsistent de fortes populations de chasseurs, cette idée est encore concevable sur un mode convivial de « passage en résistance » d’ailleurs préconisé par tous les histrions de la République (Ruquier, Arditti, etc..).

En effet, la campagne, les bars de campagne, regorgent encore de « bonne volontés patriotiques » chez des gens équipés.

C’est cette brèche qu’il faut utiliser.

En récusant par avance toute mise en action des « groupes nationalistes » urbains qui ne servent à rien et sont de toute façon de minable consistance anthropologique et surtout incapables d’encadrer des adultes normaux, il nous faut de toute urgence, sous prétexte de préparation à la « résistance », susciter justement des groupements de « chasseurs et véhicules utilitaires » partout où nous disposons d’un cadre militant de premier plan déjà entouré d’une petite équipe d’amorçage résidant dans un lieu de campagne reculée…

Dans quatre ou cinq endroits du territoire, le seul Lys Noir dispose de cette configuration féconde. On peut estimer néanmoins à une centaine le nombre de « canton ruraux » dans lesquels des organisations amies (plus importantes que nous) pourraient agir de la même façon.

C’est à cela que nous devons travailler car il est devenu hautement probable qu’une implosion politique générale suive le prochain attentat, ou le suivant du prochain. En effet, le gouvernement a grillé ce week-end toutes ses réserves d’émotion, de compassion et de solennité. Il ne peut faire davantage. Entraîné par les chaînes d’info en boucle qui nous gouvernent subtilement, il s’est placé stupidement dans le rouge.

Evidemment, tous nos autres calculs Lys Noir destinés à animer un temps politique désormais révolu depuis le 15 novembre, sont à réexaminer. On modifie le projet M6M, on abandonne PAZOC (mais on en rassemblera la production dans un numéro spécial). On repart à zéro, mais cette fois sur la même ligne de départ que tout le monde.

L’idée d’une « garde populaire rurale », continuité doctrinale de ce que nous avons théorisé depuis longtemps à propos des « véhicules utilitaires », s’appuie simplement sur un changement de « stimuli » et de « libido » révolutionnaire :  Ce que nous avions imaginé autour du RSI ou le la COP 21, le serait désormais autour de « l’esprit de guerre » que le régime aura imprudemment institué à ses risques et périls, puisqu’il ouvre, par sa propre trouille et anxiété devant quelques racailles forcenées, la porte à l’autodéfense, cette notion si peu républicaine…

-Bref, on y va !

-Ou çà ?

-Dans les cafés de campagne, putain  !

-Et comment cela ?

-Avec un manifeste dirigé vers les forces anthropologiques encore saines, une brochure unanimiste à grand tirage…

-Et avec quoi encore ?

-Pardi, avec ce seul « esprit de résistance » répandu par un régime délirant jusqu’au collapse intellectuel ; comme si « Daech », misérable bougnoulerie boursoufflée par quelque égorgements filmés, était déjà devenue une force au dessus de nos puissances nucléaires et de la mégamachine…

La direction politique du Lys Noir (Dirpol)