Lys Noir n°19 – Pazoc

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Michel Onfray, la République c’est la guerre !

« Nous aussi nous avons tué des innocents »

« Ils font à la disqueuse, ce que nous faisons avec des drones« 

« La France devrait prendre l’initiative d’une conférence internationale qui viserait à constituer un front diplomatique à même de négocier une neutralité  associée à un respect de la souveraineté politique de chacun de ces pays qui ont le droit de faire ce qu’ils souhaitent sur leur territoire sans que nous le leur interdisions ».

(Michel Onfray à propos des attentats de Paris)

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Tout en désignant Jean-Pïerre Chevennement comme l’homme de recours de la République, Michel Onfray vient de déclarer que l’interventionnisme international de la République contre l’Islam politique serait à l’origine des attentats commis sur le territoire national. Ah, bon sang, Michel Onfray, vous avez raison, vos propos sont courageux, mais laissez-nous vous dire néanmoins que si nous avions eu moins de républiques, ces deux derniers siècles, comme la France aurait été à sa place : noble, discrète et douce !

C’est entendu, cher Michel Onfray, le nationalisme est la guerre voulue, appelée, désirée, justifiée, mise en discours plus ou moins subtils… Mais dans la France moderne, la guerre réelle s’incarne surtout par la République et son personnel halluciné le plus ordinaire, voire le plus médiocre…

Bien plus sérieuse que le nationalisme, au verbe si maximaliste mais si vain, la République c’est la guerre dans les faits, la vraie guerre, avec de vrais mort et, surtout, de vraies mobilisations guerrières façon « Même pas peur  » !

D’ailleurs, jamais la République n’est autant elle-même que dans la guerre… Et quand la République flanche un peu dans nos cœurs, son réflexe immédiat, salvateur, c’est d’en appeler encore à la guerre…

Si l’antique monarchie se battait avec des soldats empoudrés sur un terrain choisi entre professionnels de la guerre ne se livrant alors qu’à une sorte de duel convenu entre deux armées encombrées de codes d’honneur et de règles chevaleresques, la République inventa la furie du boutiquier, le sacrifice du brave type, la conscription universelle, le courage obligatoire du clampin, le casse-pipe populaire, et le bombardement des civils.

Née ainsi dans la guerre étrangère des Girondins qui,  sous n’importe quel prétexte, en voulaient pour un détournement d’attention vers l’Extérieur (contrairement au monarchien Robespierre) en expérimentant au passage le premier bourrage des crânes populaires, la Première République commença du même coup notre guerre civile jamais éteinte depuis.

Dans la foulée, la République défia définitivement la totalité de l’Europe monarchique au cours de guerres « patriotiques » réclamant ses premières « levées en masse »…  Enfin, prévisiblement, elle sombra dans l’aventurisme bonapartiste et parvint au coït de guerre sublime avec l’Empire et ses armées d’hommes sacrifiées pour quelques chimères névrotiques, pour la gloriole d’un étranger de passage chez nous comme le seront plus tard Gambetta ou Sarkozy et Valls aujourd’hui…

A ce rythme, République et Empire autoritaires consommèrent ensemble,deux millions de français… Un dixième de notre population de l’époque… Sept millions de morts à l’échelle d’aujourd’hui…

Avant cette hystérie, Louis XVI avait régné treize ans et n’avait fait qu’une seule fois la guerre en envoyant 6.000 français au secours des insurgents par revanche de la perte du Canada… Quelques centaines n’en reviendront pas, des volontaires romantiques, des cadets de famille, des aventuriers… Bon, ça choque qui ?

Quand Louis XVIII récupéra le pouvoir tombé dans une mer de sang, il ne fit aucune guerre pendant les dix ans de son règne bonhomme et sui peu « sexy »… Son successeur Charles X non plus. Cela lui fut donc beaucoup reproché. Alors le dernier roi légitime tenta, pour sauver  son trône, de satisfaire les ardeurs guerrières des Républicains en décidant la première expédition en Algérie… 150 morts en trois semaines de combats et trois batailles (Sidi Feruch, Staoueli et Sidi Khalef)… deux fois moins que le crash d’un Airbus…

Louis-Philippe, son usurpateur, continua la guerre en Algérie, fit prendre la smalah d’AbdelKhader par son fils le Duc d’Aumale… Neuf morts français, trois cents chez les bougnes… Cela les calma… Mais en 18 années de règne, le roi bourgeois ne décida vraiment d’aucune guerre extérieure, sauf la dérisoire « guerre des pâtisseries » déclarée au large du Mexique, qui ne fit aucun mort… En France même, à peine deux-cent canuts lyonnais furent passés par les armes au début du règne…

En revanche, la Deuxième République, en quatre jours, du 22 au 26 juin 1848, massacre 5.000 insurgés et en fusille 1.500… La République sait avoir la main aussi lourde que sa morale.

La troisième République est née elle aussi de la guerre imprudente du républicain Napoléon III qui perdit son trône par son dégoût trop tardif de la guerre…

Entre 1870 et 1871, en situation républicaine de fait, c’est encore un quart de million de français au tapis…

Devenue officielle en 1875, la République ne connaîtra que quarante années de paix relative avant la « 14/18 » qui sonnera comme le génocide concret et  fièrement assumé de la paysannerie française par ses avocats députés… La Troisième République attendra la « grande guerre » en scrutant chaque jour la « ligne bleue des Vosges », certes, mais à la condition d’être quand même perfusée par des guerres coloniales sanglantes et chargées de déconvenues futures inévitables… 2.000 morts pour l’expédition du Tonkin…  Ajoutons les 6.000 morts français de l’expédition de Madagascar, pratiquement tous à cause des fièvres, mais bon, c’est quand même des morts de jeunes gens… Et on vous passe les massacres de routine des indigènes de la République ; des autochtones emplumés qui vont en prendre plein la gueule sous prétexte que leurs ancêtres étaient des gaulois, puisque la république est un chef d’oeuvre universel…

Mais le pompon de la Troisième République, c’est évidemment la « mobilisation générale » immédiate du 2 août 1914 contre l’Allemagne, qui déclare évidemment la guerre le lendemain… La rodomontade enflammera le monde malgré Jaurès. Elle fera basculer la France dans la stupide « union sacrée », préface politique des charniers tant vantés par ce gogo nationaliste de Maurras qui ne fut jamais autre chose qu’un républicain autoritaire masqué…

Bilan : deux millions de morts français, plus de mille par jour… Sans compter la grippe espagnole qui saignera l’arrière, les femmes, et les enfants… Encore 400.000 morts…

Entre fin 1916 et mi 1917, les héritiers familiaux de la monarchie française, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme tentent bien sûr de faire cesser le massacre, mais Clémenceau et Ribot font délibérément échouer la « paix séparée » afin de poursuivre l’hallali contre l’empire catholique des Habsbourg, et mieux épargner l’Allemagne prussienne dans le même temps… A cause des ces enculés, la République fera un sacré rabiot : un demi million de morts français sacrément économisables entre début 1917 et fin 1918 seront quand même poussés dans la fosse des offensives républicaines destinées à « user », à jouer cadavre contre cadavre…

Et comme si cela ne suffisait pas, vingt ans plus tard, la Troisième République déclare la guerre à Hitler, juste pour le couloir de Dantzig… cette merde…  Un conflit postal…  600.000 morts français… Et encore, on ne vous compte pas les dix mille épurés de la Libération !

Pour la Quatrième République, toujours née dans la guerre, la « paix retrouvée » c’est surtout la guerre d’Algérie qui succéda à l’Indochine et ses cuvettes mortelles… Plutôt que d’organiser immédiatement la partition pour répondre au plan initial de « Royaume arabe » de Napoléon III qui anticipait, dès 1863, un établissement exclusivement français sur la bande côtière (pour laisser l’intérieur de l’Algérie aux Indigènes autonomisés), la République de 1954 monte tout de suite sur ses grands chevaux de bronze et déclare par la voix de son ministre de l’Intérieur de l’époque, François Mitterrand  : « Je n’admets pas de négociations avec les ennemis de la patrie. La seule négociation, c’est la guerre ! ». 

Deux mois après cet enflé, ce boursouflé, qui savait néanmoins combien la république chérit la guerre, ce fut le tour d’un autre socialiste de bombardement, Guy Mollet, de proclamer ; « Le gouvernement de la République disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire »… L’Etat d’urgence pour quelques braquages et assassinats d’instituteurs, déjà…

La facture républicaine de la guerre d’Algérie sera finalement de 400.000 morts et deux millions de rapatriés, harkis compris.

Comme ses sœurs aînées, la Cinquième République est passée par le même baptème initial de la guerre. Elle est même née de l’Etat d’urgence et des pouvoirs spéciaux. Cependant, tant qu’elle sera « gaullo-monarchique » jusqu’en 1981, elle décolonisera et se tiendra volontairement loin de la guerre, si on excepte bien entendu quelques opérations africaines telles que le saut giscardien magistral sur Kolwezi et ses quelques centaines de négros mitraillés en douce, avant d’atterrir, ni vu ni connu…

En 1990, c’est toujours cet enculé de Mitterrand qui renoue avec le parti de la guerre extérieure mais en « coalition » précautionneuse et suiveuse, cette fois. On commence d’abord doucement avec trois soldats français retrouvés le bec dans le sable mésopotamien, en prime naturellement, des cent mille morts irako-bougnoules qui ne comptaient pas pour grand chose, vu qu’ils furent tous cramés vivants dans leurs camions pulvérisés en convoi, sur la route de la défaite, quelques heures après le cessez-le-feu…

Depuis le début de la Cinquième, le cycle des guerres est néanmoins impressionnant :  616 militaires des forces armées françaises  vont mourir « au service de la France» au cours de nos nouvelles « guerres propres », lors de 228 opérations extérieures recensées depuis 1962 ! Vous avez bien lu : 228 opérations extérieures en cinquante ans !  Tchad, Yougoslavie, Afghanistan, Libye seront les principales, les plus connues… mais l’infernale moyenne « républicaine » s’élève à une opération extérieure tous les 70 jours !

Evidemment, le carnage de ces opérations extérieures sur les populations civiles locales se comptera en centaines de milliers de pauvres crouilles, négros et Serbomachinstrucs, victimes extérieures et « nécessaires » qui n’avaient rien demandé à notre bonne République, comme le souligne maintenant Michel Onfray avec un courage de moins en moins républicain…

Aujourd’hui, Hollande remet ça après avoir échoué une première fois à nous impliquer « au sol » dans le bourbier syrien, pour se hisser au niveau de Sarkozy qui avait installé, lui, le bourbier libyen. L’ennemi maintenant c’est Daesh ! Le terroriste Abaaoud saute-t-il un tourniquet de métro un quart d’heure après les attentats pour s’en aller « cheminer » plus loin et négocier sur un parking son logement du soir avec sa cousine, une voilée à santiags qui finira sa vie dans un pur dialogue d’incomprise (Il est où ton copain ? Ce n’est pas mon copain ! Il est où ton copain ? Ce n’est pas mon copain ! BOOOUUMMMM !! ), cette scène hilarante est-elle immédiatement connue de tous ? Eh bien, pourtant, une dizaine de racailles qui n’ont pas assez de pognon pour être aussi dangereux que prévu, seront immédiatement qualifiés (le soir même !) d’ennemis « barbares », nouveau Attila de nos manuels déconstructeurs, les pires de l’histoire de France… « C’est une horreur » déclare même à chaud l’enculé en chef avant de proclamer naturellement l’Etat d’Urgence… comme Mitterrand en Algérie avant lui !

De son côté, Michel Onfray a pris le mords, au point d’être cité par Daech dans un communiqué intellectuellement honnête…. En effet, le mépris du philosophe pour Manuel Valls est maintenant immense. Entre le forcené de loge judéo-catalane et le normand enraciné qui rêve de philosophie populaire, il n’y a désormais guère plus que le partage de quelques lieux communs invérifiés à propos de la République… Aussi, quand Valls, sorte de Clémenceau de Trivial Pursuit, s’enflamme en psychopathe tremblant, joue au « père la Victoire » de télé en boucle, serre les lèvres comme jadis ses congénères d’asile sous l’électrochoc, le philosophe perd son calme et confirme sa lucidité toute neuve, il signe des deux mains : Oui, la République doit cesser de bombarder les populations musulmanes comme elle le fait systématiquement depuis 25 ans, depuis Mitterrand, père de l’unité allemande retrouvée, père du traité anti-souverain de Maastricht, l’ennemi quoi !

Naturellement, si, à travers ses successeurs forcément semblables, nous étions toujours gouvernés par un brave type genre Louis XVI, tellement économe du sang de son peuple qu’il se refusa toujours à faire tirer sur la foule pour se sauver et qu’il en périt en saint-martyre, nous n’aurions pas autant cédé aux sirènes de la guerre… Nous aurions eu moins de gloire, moins de défaites, moins de victoires d’un jour et de débâcles à digérer pour longtemps, moins d’anciens combattants pensionnés, aussi ! Moins de gueules cassées, moins de boulevards des Maréchaux, moins d’ossuaires, moins de fanions et lampions, moins de sonneries aux morts sur nos places de village devant monsieur le Député socialiste… Nous aurions eu moins médailles à titre posthume plantées sur des photos de jeunes types idiots qui allaient « là-bas » jouer à un jeu vidéo… Nous aurions évidemment eu moins de « pupilles de la nation » tels que ceux que nous aurons désormais avec les enfants de chaque citoyen du monde de passage à Paris mais néanmoins « mort pour la France »,  puisqu’il se rendait héroïquement, après un bon petit rail anti Front National, dans un concert parisien tragique… Nous aurions eu aussi moins de patriotisme guerrier comme celui qui nous pèse aujourd’hui sacrément sur nos estomacs encombrés.

Vous ne pensez pas, Michel Onfray ?

Allez.. Cher Michel… Sautez le pas, retirez donc votre dernier monocle brouillé : la République Française, c’est juste la guerre, toujours la guerre !  Et les républicains ne sont que des hyènes ! Oui des Hyènes… Rejoignez alors la cohorte fantôme du Comte de Frotté, votre « pays » des bocages normands qui vous attend depuis deux siècles dans cette pureté humaine que vous ne trouverez jamais en République parce que Frotté n’avait rien à gagner à sa résistance en mouchoirs blancs, sinon son honneur… N’ayez pas peur, sous le drapeau chouan de vos aïeux, vous ne risqueriez rien d’autre que d’appartenir désormais à une nostalgie d’avant garde… Allez… Cher Michel… Sautez le pas… Vous verrez… Après, cela ira mieux… Vous serez revenu chez les hommes anciens, ceux qui aime « l’homme seul » en sa conscience, et se méfient toujours des foules, qu’elles soient effrayées ou en colère.

La foule est toujours un vent mauvais, un obscène appétit de guerre facile. Celui qui le sait mais lui cède néanmoins, est un salaud.

Pas vous, Michel… Pas vous, Michel… Et nous en sommes heureux.

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Direction politique du Lys Noir/Organisation Georges Bernanos – OGB

« Ils ont une vision de l’Histoire contrairement à nous (l’Occident) soumis à un matérialisme trivial et aux mafias de l’argent ».